ON NOUS FAIT AVALER N’IMPORTE QUOI

24.11.2018
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Des nouvelles des Codes Red…

 

Ces derniers mois, nous avons souhaité faire un état des lieux sur les produits de consommation contenant du requin. Quels changements ou progrès pouvons nous observer depuis 4 ans quand notre enquête a commencé.

 

Les quantités ?

Nos dernières observations ne laissent pas à penser qu’aujourd’hui, on trouve moins de produits à base de requin sur les marchés français et européen. Une infime quantité de marques a définitivement abandonné le requin pour substituer le squalane qu’il fournit par celui de la canne à sucre ou plus souvent de l’olive, et cessé d’utiliser son cartilage pour le remplacer par des plantes. Mais de nouvelles marques apparaissent régulièrement.

 

L’étiquetage ?

Il est malheureusement toujours aussi flou puisque la législation n’oblige toujours pas les fabricants à spécifier la présence de requin dans leur produits. On parle de cartilage de poissons sauvages, de chondroitine, glucosamine sans en indiquer la provenance. Le mot requin est souvent absent et quand il ne l’est pas, l’espèce est rarement définie !

 

Le suivi, la provenance ?

La loi actuelle ne permet aucun suivi, ni auprès des marques, ni auprès des douanes. Avant, quand on posait la question auprès des marques qui annonçaient clairement le mot requin dans leurs ingrédients, il était impossible d’en connaître la provenance. Les marques répondaient de manière franche en invoquant la réglementation qui ne les oblige pas à dévoiler ni contenu, ni provenance ou bien elles répondaient de manière totalement hypocrite en dévoilant des provenances fictives d’élevage de requin (ce qui n’existe pas doit on encore le rappeler ?).

Aujourd’hui les choses ont légèrement évolué, et pas vers le mieux puisque les réponses que nous avons eu récemment mentionnent le respect de l’environnement et le respect total des quotas de pêche grâce à l’évocation de labels écologiques que nous ne citerons pas. Ces labels non officiels, sont, après étude, bien souvent auto financé par les marques elles mêmes. Autant dire qu’elles font bien ce qu’elles veulent. Même chose pour les grands groupes de magasins d’alimentation, qui sous couvert d’avoir signé des chartes, continuent à commercialiser du requin. Quand on leur pose la question, ils expliquent que oui, la chaîne de magasins à signé une charte (que l’on ne peut se procurer malgré nos demandes) mais que chaque magasin est dirigé par un actionnaire indépendant, donc… chacun fait ce qu’il veut et on nous fournit un numéro téléphone d’un service client où personne ne répond jamais…

 

Les espèces ?

Les rares fois où les espèces sont spécifiées, il s’agit souvent des requins type roussette. Pour certaines marques, la surprise est grande quand nous leur parlons de requin puisque pour eux, la roussette n’est pas un requin…. Pour ceux qui considèrent la roussette comme un requin, l’argument est simple. Espèce non protégée, en préoccupation mineure et considérée comme une espèce stable. N’oublions pas que les espèces ne sont pas répertoriées, que la transformation en poudre ou en huile se fait souvent à l’étranger et que n’importe quelle espèce de requin peut se retrouver dans votre crème de jour ou votre gélule de complément alimentaire. Au début de notre enquête, il y a 4 ans, nous avions repéré une marque de cosmétique à base de requin qui n’a jamais souhaité communiquer avec nous sur le contenu de leurs produits. Quelques mois après, nous apprenions qu’une ONG avait découvert une usine de transformation de poissons en Chine qui fabriquaient les sous produits des cosmétiques. Plusieurs espèces protégées et en voie de disparition y avaient été découvert (requins baleine). Et cette fameuse usine était le fournisseur principal de la marque en question.

 

En résumé, peu ou pas de changements majeurs si ce n’est que les marques (souvent de compléments alimentaires) ont trouvé de nouveaux moyens pour se donner une image positive auprès des consommateurs que nous sommes et pour nous, la pilule est dure à avaler.

 

Consommateurs, soyons vigilants, évitons les marques qui ne souhaitent pas faire évoluer leur produits et faisons en sorte de faire évoluer les législations sur l’étiquetage des ingrédients.

Nous comptons sur vous pour continuer à nous faire parvenir vos signalements de Codes Red

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