Requins : conflits et dialogues

[one_third] Arriver à faire voter la protection d’une espèce par voie de lobbying reste la pratique la plus connue et la plus médiatisée aujourd’hui. Cependant, pour qu’une loi ou une règlementation soit appliquée correctement, elle doit susciter l’adhésion de toutes les parties contractantes et tenir compte des possibilités de mise en pratique de chacun. Des entreprises de pêches aux gouvernements, en passant par les scientifiques, chacun possède son propre champs d’action et ses propres dilemmes/problématiques à gérer. Des initiatives plus discrètes et concernant des sujets bien précis ont donc lieu et constituent la grande majorité des actions allant vers une plus grande protection des espèces.
Par exemple, concernant la problématique des prises accessoires que nous dénonçons vivement dans notre enquête consommateur, le projet européen MADE implique entreprises de pêches et scientifiques pour conceptualiser des approches de pêche moins impactantes sur les espèces non-désirées. Nous avons participé au symposium d’octobre 2012, et restons en contact avec les entreprises de pêches et les scientifiques impliqués, afin de suivre de près les évolutions des mesures suggérées par les études de MADE. Voici le guide récemment édité à l’attention des navires de pêche par les scientifiques du projet : GuideBonnesPratiques_BDef.
Par ailleurs, nous entamons également une forme de processus de négociation avec les marques qui commercialisent du squalène et autres produits dérivés, afin d’obtenir le remplacement de ces produits par des substances végétales, avec le soutien des adhérents, consommateurs et citoyens, qui se mobilisent en faveur de plus de transparence et de durabilité de la part des laboratoires. VOIR LA PAGE « Produits pharmaceutiques et cosmétiques ». [/one_third][one_third] Shark Citizen s’implique activement sur la crise et la problématique requin que connait La Réunion. Nous prônons une médiation de conflit ET une médiation de projets. Nous avons commencé en nous rendant sur place afin de rencontrer les associations d’usagers et cette première visite nous a permis de nous positionner une première fois en mai 2012. Ces premiers contacts se sont notamment exprimés en juin 2013 par les Rencontres autour des requins organisées par l’Institut Océanographique de Monaco. Depuis, l’association est également présente sur place pour suivre la problématique, grâce à des entretiens et contacts réguliers avec les acteurs des actuels projets (Cap Requin, Vigies Requin Renforcées, projets innovants). Nous avons eu l’occasion de critiquer vertement la gestion de cette crise par l’Etat en juillet 2012, mais nous restons néanmoins conscients de la complexité du sujet et avons rencontré par la suite les institutions gestionnaires, telles que la réserve marine, certains services de l’État (Jeunesse et Sport, DEAL…) ou encore des institutions plus spécialisées comme l’IRT. La rédaction d’un dossier a été avancée, décrivant l’état d’avancement de la quinzaine de projets rencontrés, et faisant la synthèse des notes prises sur le terrain auprès de différentes catégories d’usagers. Le but de ce dossier, en permanente évolution, est de retranscrire les ressentis qui s’expriment sur le terrain afin de mieux appréhender les perceptions et blocages qui font la crise et freinent sa gestion. Certaines parties sont d’ailleurs rendues disponibles sur le site de Shark Citizen, comme le débat autour du droit à la vie et du droit à la mer. Le dossier dans son ensemble est rendu accessible à toute association ou institution concernée par la problématique.[/one_third][one_third] Nous observons les méthodes de dialogues qui sont mises en œuvre ici et là et essayons de comprendre les sources des conflits liés à la création de réserves, car cela nous semble essentiel pour mieux préparer l’avenir des cohabitations entre sociétés civiles et protections des zones marines. Zones qui sont les seules à ce jour à constituer de véritables mesures de protection des espèces de requins menacées. Nous nous sommes évidemment intéressés à la réserve marine de La Réunion, zone protégée en milieu très anthropisé, mais aussi au cas du Parc Marin des Chagos, plus grande réserve du monde, en conflit juridique avec les chagossiens eux même. Prochainement, nous partagerons avec vous la synthèse d’un document produit par l’Agence Française de Développement et concernant la réserve marine de Sainte Lucie aux Antilles. [/one_third]