Cosmétiques, requins, et mensonges !

Depuis près d’un an et demi, nous enquêtons sur la présence d’huile et de cartilage de requin dans les produits industriels et notamment dans les cosmétiques et compléments alimentaires.
Ces investigations nous ont permis de découvrir l’ampleur de ce marché, le nombre important de produits à base de requins, et la quantité phénoménale de marques les commercialisant (voir notre dossier complet avec la liste des marques).
Beaucoup de ces produits n’utilisant pas le mot « requin » dans les descriptifs de leur composition (appellations squalane/squalène ou glucosamine/chondroïtine), il est très facile pour le consommateur de se faire berner et de consommer du « requin » sans le savoir. Nous avons contacté les marques disponibles sur le marché français en tant que simple consommateur.

Récemment, l’ONG WildLifeRisk a révélé les résultats d’une enquête qui nous apprend la pêche « illégale » de requins baleines (espèce protégée) et la commercialisation de leur huile par deux sociétés chinoises.
Après quelques recherches, il apparaît que l’une de ces sociétés serait le fournisseur de la marque OMOJO.

Nous avions déjà tenté de savoir d’où provenaient les requins dont les foies finissaient dans les produits de la marque Omojo. Sans succès.

 

Nous avons essayé de reprendre le contact avec elle pour en savoir plus. Cette fois-ci nous avons obtenu des « réponses » : la mauvaise foi et la langue de bois furent au rendez vous !!!

– Nous avons commencé par leur transmettre les résultats de l’enquête concernant les requins baleines en leur demandant si ils faisaient partie des clients de l’une des sociétés se fournissant auprès de cette usine. La marque reste très évasive dans sa réponse : « nos équipes basées en Chine travaillent avec des pêcheries légales et notre marque n’utilise que du requin bleu, prises accessoires de ces pêcheries ». La marque ne nie pas travailler avec la société Hainan Jiahua Marine Products, et ne donne aucune information sur la manière dont l’origine de ces soi-disant requins peau bleu peut-être prouvée.

– Cette réponse n’était pas suffisante, alors nous avons fait parvenir à notre interlocuteur de chez Omojo des documents montrant ce lien entre l’usine chinoise exploitant du requin baleine et la société fournissant la marque OMOJO. Leur réponse est brève : « l’usine chinoise avec laquelle nous travaillons n’utilise pas d’espèces protégées ». Le nom n’est toujours pas cité et nous laisse dans « le doute ».

– Tout consommateurs que nous sommes, nous avons insisté en leur posant la question directement, à savoir : « travaillez-vous avec l’usine et la société citées ?» À partir de là, notre interlocuteur à cessé le dialogue et n’a plus répondu.

Nous sommes consternés par cette attitude de non-transparence, et de « tromperie » et nous aurions aimé publier directement les échanges que nous avons eu avec la marque. Malheureusement, nous n’en avons pas le droit puisque à chaque message envoyé par la marque est ajoutée la mention suivante : « les informations contenues dans ce message sont strictement confidentielles et toute reproduction ou diffusion est interdite sans le consentement de l’envoyeur. »
Ce type de clause avantage une attitude pour le moins cachotière de la marque.

Les réponses qui nous ont été faites démontrent une posture malhonnête de non transparence envers le consommateur qui souhaite quérir de plus amples informations sur ce qu’il s’applique sur le visage :

– refus de confirmer l’origine du commerce du squalène (nom de la société et usine de transformation), quand bien même les preuves sont là.

– Impossibilité de connaitre les processus mis en œuvre afin de vérifier l’espèce de requin d’où proviendrait le squalène.

– Persistance dans un argumentaire nous vantant les bienfaits de ces produits pour l’humain, sous couvert de pêcheries durables.

– Impossibilité d’en savoir plus sur ce caractère « durable » d’une pêcherie industrielle de requins (soyons bien clairs : ceci n’existe pas).

pétition

Si vous ne l’avez pas déjà fait, aidez-nous à lutter contre ces pratiques en signant notre pétition : STOP  l’utilisation de produits utilisant du requin !

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