Communiqué de presse du 13 janvier 2020

Communiqué de presse du 13 janvier 2020

Communiqué de presse du 13 janvier 2020

L’association Shark Citizen souhaite sensibiliser la population réunionnaise en cette période ou les captures de requins bouledogue, hors programme du Centre Sécurité Requin, se multiplient.

Cet article n’a pas pour but d’entrer de nouveau dans le débat de la capture des requins tigre et bouledogue. En revanche, il a pour but de rappeler avec insistance le fait que les requins-bouledogues et tigres ne sont pas les seuls requins de l’île et qu’ils ne représentent pas, et de loin, les captures majoritaires. Pas moins de 50 espèces de requins sont recensées actuellement à La Réunion et ces espèces sont loin de pulluler. Certaines sont même gravement menacées d’extinction. Nous souhaitons rappeler que leur pêche met en péril les populations et nous invitons les pêcheurs qui ne le font pas déjà à les relâcher, et si possible à nous signaler ces captures : ces informations sont précieuses.

Nous profitons donc de cet article pour mettre en lumière quelques espèces particulièrement sensibles localement. Les observations de ces espèces se sont raréfiées au fil des années. Il est important de noter que 5 d’entre elles sont protégées par arrêté préfectoral suite à la mobilisation de plusieurs associations dont certaines sont très actives dans la réduction du risque requin. Ces 5 espèces sont interdites à la pêche et doivent être relâchées en bon état autant que possible. Il est également important de noter que le statut de ces espèces au niveau mondial n’est pas systématiquement inquiétant, mais que leur statut à La Réunion est probablement beaucoup plus préoccupant et qu’il n’est pas à exclure aujourd’hui qu’elles disparaissent du paysage réunionnais.

Nous invitons donc chaque pêcheur à relâcher ces espèces en cas de capture. Les mécanismes d’équilibres du milieu marin ne sont pas toujours connus et ces requins peuvent y jouer un rôle important. C’est pourquoi nous vous invitons également à nous le signaler en remplissant le formulaire (anonyme) en ligne sur le site de l’association https://www.sharkcitizen.fr/signaler-un-requin/ ou par mail à contact@sharkcitizen.fr. Aidez-nous à préserver ces espèces patrimoniales et importantes pour l’écosystème côtier de l’île, et n’hésitez pas à nous contacter pour toutes informations supplémentaires.

Le requin marteau halicorne Sphyrna lewini (image de couverture © Rodtico21) Statut UICN Gravement menacé d’extinction (CR). Ce requin n’est pas protégé à La Réunion par arrêté préfectoral.

C’est le requin présentant le plus grand enjeu à l’échelle mondial. Son statut a été révisé négativement fin 2019 à cause de sa population en déclin. Il est donc dorénavant gravement menacé d’extinction. Au même titre que la tortue imbriquée ou le rhinocéros noir.

La Réunion est régulièrement fréquentée par les requins-marteaux. Trois espèces ont été recensées, le grand requin marteau Sphyrna mokarran, le requin marteau lisse Sphyrna zygaena et le requin marteau-halicorne.

Nous sommes conscients que les juvéniles de requins-marteaux sont pêchés fréquemment tout autour de l’île, en particulier en cette période. Cette pêche historiquement pratiquée sur l’île semble attester de la présence patrimoniale de probables nurseries de requins-marteaux et La Réunion a donc une responsabilité mondiale dans la conservation de cette espèce en plein déclin. Ce sont ceux qui sont le plus souvent capturés, bien loin devant les juvéniles bouledogues. Ces espèces sont particulièrement sensibles au stress de la capture et doivent être relâchées le plus rapidement possible et avec le plus grand soin.

Le requin nourrice Nebrius ferrugineus Statut UICN Vulnérable (VU). Ce requin est protégé à La Réunion par arrêté préfectoral.

 

 

© Julien Bidet

Ce requin pouvant faire jusqu’à 2m50 est observable en journée, période pendant laquelle il se repose parfois en groupe dans les grottes et anfractuosités. C’est l’un des rares requins à pouvoir rester immobile pendant de longues périodes. Son museau est court est aplati. Ses nageoires dorsales sont très rapprochées et situées en arrière de son corps. A La Réunion, plusieurs observations sont recensées.

Le requin corail Triaenodon obesus Statut UICN Quasi-Menacé (NT). Ce requin est protégé à La Réunion par arrêté préfectoral.

 

 

© Derek Keats

Ce requin de 1m60 est facilement reconnaissable à son museau aplati et à la pointe de son aileron dorsal blanc. Il nage quasi exclusivement près du fond. Il chasse la nuit et se repose durant la journée en se posant habituellement dans une cavité, immobile. A La Réunion, 1 à 2 observations sont réalisées par année par les clubs de plongées dans le meilleur des cas. Les individus observés disparaissent généralement rapidement après leur découverte, sans raison identifiée (possible capture).

Le requin gris de récif Carcharhinus amblyrhynchos Statut UICN Quasi menacé (NT). Ce requin est protégé à La Réunion par arrêté préfectoral.

 

 

© Marc Tarlock

Ce requin de 2 mètres, est l’un des plus communs à proximité des récifs coralliens de l’Indo-Pacifique. Il est facilement identifiable à la bordure noire de sa caudale et à la pointe blanche de son aileron dorsal. Cette pointe n’est cependant pas toujours présente.

Attention : les juvéniles de cette espèce sont fréquemment confondus avec les juvéniles de requins-bouledogue. La plus grande vigilance est requise sur cette espèce fréquemment observée à La Réunion avant les années 2000, mais très peu depuis.

Le requin pointe blanche Carcharhinus albimarginatus Statut UICN Vulnérable (VU). Ce requin est protégé à La Réunion par arrêté préfectoral.

C’est un grand requin avec des pointes blanches sur les bords de toutes les nageoires. Gris foncé, et parfois bronze sur le dessus, blanc sur le dessous. Il mesure jusqu’à 3 mètres à l’âge adulte.

Le requin pointe noire Carcharhinus melanopterus Statut UICN Quasi-Menacé (NT). Ce requin est protégé à La Réunion par arrêté préfectoral.

 

 

© KoS

Brun clair ou bronze en haut, blanc en bas. La première nageoire dorsale et le lobe caudal ventral présentent une tache noire bien visible, brillamment soulignée de blanc. Les autres nageoires ont l’extrémité noire. Ce requin mesure 1,6 m à l’âge adulte. Très peu d’observations de ce requin sont faites à La Réunion.